Une étude américaine examine les effets de produits chimiques sur le syndrome métabolique équin (SME).

Publié 28 Février 2019

Des chercheurs de l'Université du Minnesota ont découvert que des perturbateurs endocriniens situés dans l'environnement pouvaient jouer un rôle dans le développement du syndrome métabolique équin (SME).

Les enquêteurs - financés par la Morris Animal Foundation- pensent que les résultats pourraient expliquer partiellement la variabilité de la gravité du SME lorsqu’elle ne peut être attribuée à d'autres facteurs habituellement mesurés, tels que le régime alimentaire, l'exercice physique et les variations saisonnières.

Le SME se caractérise par des anomalies endocriniennes chez les chevaux et les poneys et est incurable. Les animaux affectés développent généralement des poches de graisse, deviennent obèses et présentent des altérations de la dynamique de l'insuline. Le SME est également l'une des causes les plus courantes de fourbure.

L'équipe de recherche a examiné plus de 300 chevaux provenant de 32 sites aux États-Unis et au Canada, en particulier des poneys gallois et des chevaux Morgan, races qui sont plus susceptibles que les autres de développer un SME. Les chercheurs ont collecté des données sur le mode de vie des chevaux, notamment leur régime alimentaire, leur activité physique, leur historique de maladies et leur localisation.

Leur plasma a également été analysé pour détecter des perturbateurs endocriniens ayant des effets sur les récepteurs d’œstrogènes et d’hydrocarbure aryle. Les chercheurs ont simultanément déterminé si les résultats des tests sanguins d'un cheval individuel correspondaient à ceux d'un profil EMS, y compris les données d'insuline et de glucose au repos et à la suite d'un test glycémique. Ils ont ensuite analysé les résultats pour identifier les corrélations entre la concentration plasmatique de perturbateurs endocriniens et ces variables.

Les résultats ont montré que l'accumulation de perturbateurs endocriniens peut expliquer certaines variations environnementales observées chez les chevaux atteints de SME, mais le rôle précis et la relation dose-réponse aux perturbateurs chez les chevaux atteints de SME ne sont pas encore clairs.

Les perturbateurs endocriniens sont généralement des substances artificielles présentes dans des produits tels que les pesticides, les plastiques et les produits de soins personnels. Ils polluent considérablement l'environnement et peuvent imiter les hormones de l’organisme, empêchant ainsi les vraies hormones de faire leur travail. Ils ont des effets nocifs chez l'humain et la faune. Les chercheurs ont expliqué que les chevaux entraient probablement en contact avec ces substances nocives via leur nourriture.

Selon Molly McCue, professeur et doyenne associée de recherche par intérim à la faculté de médecine vétérinaire de l'Université du Minnesota, ces résultats constituent une pièce maîtresse d'un puzzle très compliqué et que bien que de nombreux propriétaires offrent les meilleurs soins à leurs chevaux, ceux-ci sont néanmoins diagnostiqués. Elle ajoute qu’il est important de savoir que ces produits chimiques contribuent au problème afin de pouvoir trouver des moyens de réduire l'exposition des chevaux à ceux-ci.

Kelly Diehl, vice-présidente par intérim des programmes scientifiques de la Morris Animal Foundation, ajoute que plus on en sait sur une maladie, en particulier une maladie dévastatrice et incurable comme le SME, plus on sera en mesure de trouver des moyens novateurs de la prévenir. Elle conclut en précisant que s’il est difficile d'éviter les perturbateurs endocriniens, les informations issues de cette étude vont considérablement améliorer la capacité des vétérinaires à prédire la maladie et à en prévenir le développement.

L'étude complète peut être trouvée ici.

Source : Animal Pharm